20.03.2012

J'écris des icônes

 

J’écris des icônes :

 

Une iconographe que je connais , un jour rencontra un peintre de ses amis, un peintre confirmé, ayant pinceau sur rue, pourrait-on dire…Interrogeant son amie et lui demandant où elle en était dans son art, celle-ci lui expliqua  que, désormais, elle peignait des   esprit.gificônes

Tout de go ce peintre lui asséna :

--« alors, toi aussi tu es tombée là dedans ?  »

 

Cela m’amuse beaucoup parce que , moi aussi, « je suis tombé là-dedans » comme d’autres tombent enceintes, tombent dans le chaudron, tombent amoureux  ou tombent de sommeil !..Il y a beaucoup de curieux  motifs à tomber !

tomber.jpg

 

 

Il est vrai que depuis mon adolescence  et peut être même avant j’avais remarqué ces « images » venues d’ailleurs que l’on ne voyait jamais dans nos églises où les cœurs de marie et les cœurs du christ se multiplaient  à tout va pour les fêtes votives de la sainte église catholique et romaine . fadasses "bondieuseries" à l’usage  des fidèles…

 

Fort heureusement les journalistes dans des revues de plus en plus populaires et de mieux en mieux illustrées nous ont fait découvrir ces images moyen-orientales ,  byzantines grecques ou russes.

J’ai encore en mémoire cette reproduction de l’icône russe des saints Boris et Gleb du XIV°siècle que j’avais découpée dans un hebdomadaire et que j’avais soigneusement collée sur une planchette de bois. J’avais alors vingt deux ans…


Boris_Gleb_astride.jpg

 J’aimais l’air altier de ces deux cavaliers triomphants, très grands sur leurs immenses chevaux dont le mélange des pattes suggérait le mouvement…

 

Bien plus tard, invité par des amis Chypriotes je me suis trouvé dans le monastère de Kykkos face  à diverses icônes dont ce Christ bénissant appelé Pantocrator et datant du XII° siècle.

Christ_Pantocrator_Sinai_2.jpg



 J’ai été saisi par ce qu’exprimait cette icône .  Et comme disait le peintre de mon amie je suis « tombé la dedans », séduit par ce moyen d’expression et  d’évocation de la « chose spirituelle ».

 

Peu de temps après le chemin s’est ouvert et lors d’un week-end d’octobre 2000 après un  simple coup de téléphone je me suis retrouvé à l’atelier St Jean Damascène dans la Drôme, atelier créé il y a une trentaine d’années par Lumilla et Nicolas Garrigou .

 STJEANjanv2012 (3).JPG

Ainsi donc je venais de tomber dans le chaudron de l’iconographie …



J’y suis encore aujourd’hui et je veux bien vous en parler.

 

                            (à suivre)

26.11.2011

Histoire de roue à Voreppe

1944

 

Certains objets m’émeuvent. J’en ignore la cause. Ce que je sais pourtant c’est jarre22.JPGque ceux-là me parlent, me racontent des histoires ...des histoires que d’amblée je fais miennes. Comme si, une harmonie préexistait entre eux et moi, une correspondance de nature, inexplicable mais impérieuse.

 

Ainsi en va-il de certains vases, pots, récipients généralement en terre, que le mouvement du tour, les grosses mains habiles du potier, la chaleur du four , la chanson de l’artisan  accompagnent encore.

 

Ainsi en va-il aussi de ces archaïques outils faits de fer et de bois: rabots et Bouvet de charron 12.PNGguillaumes en tout genre, façonnés puis policés par des mains d’ouvriers depuis longtemps immobiles.

 

Grâce à eux je réinvente la pénombre des ateliers, retrouve le parfum des argiles, hume les senteurs variées des essences des bois. J’entends les pédales qui animent les tours, les va et vient des varlopes, les sifflets du potier, les marteaux des forgerons et des charrons, comme si, miraculeusement, dans chacun de ces objets s’était figée l’effervescence qui a présidé à leur naissance; cristallisation subtile d’une vie déjà lointaine dont ils constituent la trace, à lire par transparence, à coeur ouvert.

 

Ainsi en est-il aussi pour moi de la roue; la roue du charron- forgeron avec ses quatre petits cerceaux de fer, son moyeu percé où s’accomplit le miracle, images roue.jpgses rayons effilés, son bandage de bois enserré dans son contraignant cerclage de fer.

 

J’explore mon enfance pour  retrouver d’où me vient ce sentiment de reliance, de connivence ou d’amitié, de partage immobile et silencieux, de connaissance intuitive mais cependant fondamentale...

 

Certes la roue appartient à mon histoire.

 

Que s’est-il donc passé entre elle et moi, cet après midi de 1940, où, menacés par la bataille de Voreppe, nous avons dû gagner ce refuge du balcon de Chartreuse, une ferme inhabitée du petit village de  Mont Saint Martin ?

 

L’époque n’était pas aux voitures mais plutôt aux calèches maraîchères, aux carrioles, aux chars, aux tombereaux autour desquels s’animaient chevaux et paysans au service des villageois dépourvus de moyens de transport.medium_tombereau_004.jpg

Cet après midi là, je nous revoie, ma mère et moi, partis dans la précipitation, sans doute aussi dans l’inquiétude, en compagnie du cultivateur voisin et de son immense percheron attelé à ce tombereau de couleur bleu-charron, aux roues si hautes que le sommet de ma tête n’ atteignait même pas  la hauteur du moyeu...

 

Sans doute contaminé par l’angoisse alentours, celle des adultes, j’avais refusé de grimper dans ce véhicule si profond, qui avançait dans un concert de claquements secs, au grès des cahots de la route, les fers du cheval répondant aux sons aléatoires émis par les rondelles métalliques des moyeux heurtant  les butoirs de l’essieu ; bruit que pendant des années, en tout lieu, je pouvais reconnaître de loin, avant bien sûr, que chars et tombereaux, ces aristocrates des charrois en tout genre, n’aient achevé leur vie, d’abord désenchantés par la modernité de leurs nouvelles roues récupérées sur les automobiles, puis se soient décomposés , offerts aux intempéries, dans quelque recoin des cours de ferme.

 

Ce jour là nous avons cheminé...

 

 J’allais, tantôt marchant, tantôt porté par les bras fatigables de ma mère, de conserve avec ce tombereau dont  je ne voyais que la roue, l’immense roue dont il suffisait de fixer un trayon, prés du bandage, pour l’accompagner d'un tour.

La pente n’autorisait pas la vitesse et là se matérialisait le miracle : fixer un point moyeu.jpgdu cercle à la périphérie, au plus près du bandage et retrouver le sol de loin en loin tout en écoutant le clac...clac...clac... du moyeu tournant dans la confusion de ses rayons, et dont nous accompagnions la marche en avant.

C’est ce jour là sans doute que j’ai assisté sans trop m’en rendre compte alors, à la manifestation du génie de la roue, pour ne plus l’oublier jamais.

 

J’eus d’autres rendez-vous avec les roues...

 

Bien qu’ayant abandonné son métier de charron-forgeron, mon père assurait parfois, pour arrondir son mois, quelques heures de travail chez son vieil ami  charron à Voreppe.  Les chars, les  timons et brancards, les petits charriots, les brouettes de jardinier mais surtout les roues étaient au coeur de l’activité paternelle. Il avait suffit à mon père d’installer son établi, dans ce petit grenier en contre bas de ma chambre pour en faire un atelier a domicile.

La place était réduite mais suffisante pour façonner, à loisir, les petites pièces destinées à l’assemblage des roues.

plane.jpgEn ai-je vu des dégrossissages à l’aide de la curieuse plane tirée des deux mains vers soi, puis des finitions au racloir pour de futurs rayons emprisonnés

au deux extrémités entre les ergots d’une drôle de machine que mon père installait entre les mâchoires de la presse de son établi.

 

Et tout cela dans cette bonne odeur du bois , dégagée par les copeaux qui s’enroulaient sur le sol ainsi que par la sciure qui dansait dans le rayon de soleil de l’unique fenêtre de cet atelier rudimentaire.

 

Quand toutes ces pièces, arrivées brutes de sciage, reprenaient le chemin de roues1 copy.jpgl’authentique atelier du charron, façonnées mais non assemblées, alors je me réjouissais car je savais que mon père m’inviterait, dans quelque temps, à la cérémonie du cerclage des roues.

 

Ce fut, pour moi, un très grand moment la première fois où j’ai participé à la naissance de ces roues, selon un rituel précis ; Les sous- entendus et les sourires complices des charrons en disaient long sur les enjeux. Je  ressentais du mystère comme s’il s’était agi de vivre un grand moment de vérité. Et c’était bien cela !

 

J’allais découvrir comment ce moyeu de frêne, dont mon père disait qu’il avait dû sécher dans l’eau, allait recevoir ses rayons , un à un “fichés au marteau” dans les mortaises, comment les arceaux de bois étaient assemblés pour constituer le périmètre de la roue par l’ajustement si précis des tenons et des mortaise:

                            charpentier lâche,         

                            menuisier juste,

                            charron fort,

disait mon père ; car cet ainsi que ces maîtres ouvriers qualifiaient les assemblages... d’où la présence d’un solide maillet de bois dans l’outillage du charron !

 

A partir de ce moment là j’étais associé à la naissance de l’objet, à la  manifestation du miracle, alliance de la terre , du bois , de l’air, de l’eau et du feu : car il faut tout cela pour engendrer une roue.feu1.JPG

Pour la terre , un coin de cour, là-bas derrière l’atelier, cour close de murs, secrète.

Le bois noble, travaillé, policé, matérialisait cet embryon qui déjà  avait forme de roue mais demeurait encore dans une incapacité totale d’accomplir son office; trop fragile car encore privé d’une indispensable cohésion, incapable d’absorber les cahots d’un  chemin, voué à l’éparpillement immédiat en cas de confrontation.

 

Les déchets de bois et tout ce qui ne pouvait plus être qualifié de “bois d’oeuvre” était rassemblé : bois de frêne souvent, de robinier, de cerisier parfois ou de chêne que j’entreposais sur le sol de la cour afin d’y nourrir un “feu d’enfer”, assez grand pour accueillir les bandages, un peu rouillés en  surface à force d’avoir patienté contre un mur extérieur de la cour.

 

Le feu, d’abord, fumait, puis se faisait flamme, puis devenait braises rougeoyantes.

Alors les cercles des roues y trouvaient leur place et l’attente du temps de l’accomplissement commençait : crissement du fer humide, petites fumées malodorantes, puis noircissement, puis rougeoiement du métal ; quelque demi Roue profil.jpgheure plus tard bandage chauffé à blanc, parfois gonflé par la chaleur, mais surtout anneau suffisamment dilaté pour encercler la structure en bois, prêt à se rétrécir pour assurer la cohésion et l’élasticité de cette roue vouée à une vie très rude au service de sa charge, sur des  chemins grossiers.

 

A ce moment, l’émoi s’emparait des hommes, car, de cet ajustement suprême entre le fer et le bois allait découler la double qualité de l’oeuvre et de l’ouvrage. Il fallait agir prestement...

Saisi par deux hommes maniant de longues pinces de fer, un cercle était extrait du feu et placé sur la roue. De longues flammes jaillissaient le long du bandage saisi par la surchauffe. Coup d’oeil rapide du maître-charron vérifiant le juste emboîtement du cercle et aussitôt, aussi méticuleusement que prestement, les récipients d’eau, arrosoirs et seaux que j’avais préparés prés du feu  étaient déversés tout autour du bandage de la roue en devenir.
Sifflements, craquements, les flammes s’éteignaient, l’air se chargeait d’un nuage de vapeur acidifiée par l’odeur du bois consumé tandis que dans l’intimité de la roue en gestation le retrait de la ferraille en assurait la cohésion, jusqu’au coeur du moyeu.

 

Quelques vis à tête fraisée assureraient plus tard l’immobilité latérale du bandage...

 

C’est ainsi qu’à travers un tel rituel, à chaque fois, se perpétuait le miracle de la roue...

 

Depuis ce temps de mon enfance, j’ai rencontré beaucoup d’autres roues, plus roue vitrail.jpgintellectuelles, plus abstraites :  industrielles , médicales ou sacrées...

Le concept que je m’en suis fait s’est beaucoup enrichi; mais tout de même, la roue du charron que j’aime contempler et toucher, que j’ai placée, en évidence contre le mur à l’entrée de ma maison et dont j’ai intégré la forme , par la grâce du tombereau de l'exode, ou grâce à l’entité rayonnante de l’alchimie charronne,  quelle incontournable métaphore devenue symbole !roue_Sun_Temple.jpg

 

A mon père, à son ami... charrons-forgerons , merci !

 

24.11.2011

visite au monastère de Chalais

 

Au dessus de Voreppe se dresse un éperon rocheux « la Dent

de Chalais ».C’est en contournant cette montagne que l’on pénètre au cœur
du site du monastère de Chalais.

                     chalais2011 059.jpg




Une douzaines de moniales, dominicaines, vivent là. Elles
chantent et prient dans la chapelle romane attenante au monastère et à
l’hôtellerie. Chaque dimanche l’Eucharistie rassemble un grand nombre de
fidèles qui trouvent-là de quoi vivre leur spiritualité, à quelques kilomètres
des villes de la vallée de l’Isère, mais dans un « ailleurs » qui se
mesure à l’aune des bois,
des prés,IMGP2481.JPG des sentiers, des vaches en troupeau, des
parfums des sapins et mélèzes , du bruit du vent dans les branches des arbres
et de cette lumière qui donne à chaque endroit son content de soleil….Si tu
cherches le silence il est là… si tu cherches la paix des champs elle est là…
si tu cherche le son des chants des louanges il est là…si tu cherches les
marques du travail des mains ferventes et de l’intelligence  il est là…si tu cherches la saveur des produits
du labeur des moniales elle est là : c’est sans doute pour tout cela que
les visiteurs "montent"  de la vallée , comme parfois les nuages en
aimables hordes qui s’immiscent partout, dans les moindres recoins , à l’ombre
des chapelles ou à la lumière des extérieurs agrestes.IMGP1946.JPG

Lorsque j’entre dans la chapelle, en dehors des liturgies,

je remarque le silence, l’odeur de l’encens qui perdure ; mes yeux sont
accrochés par la noble simplicité des lieux et des objets, sculptures ou
icônes, qui laissent toute sa place à la lecture de l’architecture.


C’est un bâtiment « trinitaire » par le choix des

matériaux de construction. Certes, tout est calcaire, mais de trois
sortes : un choix réfléchi semble avoir présidé à la mise en oeuvre de
ces pierres des lieux:


-l’assise du bâtiment est en moellons de calcaire  de la même nature que la roche des falaises alentours : du solide roc du Trias arraché aux falaises qui surplombent le monastère. La pierre d’autel date de la même époque géologique mais de par sa couleur fait penser à une roche originaire des monts qui environnent  le monastère de la Salette

IMGP1935.JPG


-au dessus de l’assise c’est le travertin de la région

(carrières de La Buisse) qui réalise le corps 
des voussures  ainsi que l’
encadrement des ouvertures sources de lumière ainsi que de l’oculus orienté
vers le levant .

- comme un lien entre ces deux roches  c’est la molasse de la région ( carrières de
Voreppe) qui s’élance vers le ciel jusqu’au médaillon christique (agneau blanc
et évangélistes) au dessus du transept. . C’est aussi le point le plus élevé du
bâtiment. Il y a encore ces petites colonnes qui sur les côtés  des ouvertures soulignent ce même lien .

Je ne peux m’empêcher de ressentir comme  une «  intention » du maître d’ouvrage  dans cet agencement à base « trinitaire » et cela me conduit à  proposer  une lecture verticale  de l’architecture de  cette chapelle,  du haut vers le bas , du céleste vers le terrestre :

Tout en haut le Christ ( le médaillon clé de voute) et les Saints Evangélistes, les voussures et les encadrements des ouvertures de lumière . (« Je suis la lumière du monde… » dit le Christ)

Tout en bas le roc des origines pour assise (« ne pas construire sa maison sur le sable… mais sur le roc  solide») matière remarquable et fondamentale de la création.

Entre les deux, comme un lien « amoureux » qui va de l’un à l’autre, comme le fait l’Esprit Saint entre Dieu et son fils, les colonnes,  les arches et les arêtes en molasse, la plus légère des trois roches, telle un « paraclet géologique »…

Telle est la lecture que j’aime à faire de cet édifice quand à sa matérialité habitée,  dans sa conception même,  par une certaine transcendance. J’imagine le chef bâtisseur optant pour cet appareillage dans la louange de son maître divin…

C’est ce même sentiment qui m’est venu face à la « Chapelle de la Trinité » édifiée sur l’île de Leyrins  à la même époque en un autre lieu :autre lieu , mêmes triade de roches et pourquoi pas , intention identique ?. 

Non ,  il n’y a pas  place pour les ténèbres dans cette chapelle  et je ne crois pas _comme certains le disent _ que les gargouilles , à la base de l’ arche de molasse situent l’enfer.

Cet appareillage de molasse ne serait-il pas plutôt l’évocation de la dynamique «insufflée » par l’Esprit Saint, dynamique qui du monde matériel  terrestre conduit en une belle envolée de colonnes et de croisées d’ogive vers le Christ glorieux évoqué par cette clé de voute ?

Par ailleurs, si la chapelle et les moniales donnent  tout leur sens à ces lieux,  il faut aussi appréhender les extérieurs du monastère : jeter un coup d’œil au jardin aujourd’hui pourvoyeur de groseilles, traverser la plate-forme de l’hôtellerie aux tilleuls multi-centenaires puis marcher pieds nus dans la grande allée horizontale bordée d’arbres à l’Est chalais2011 037.jpg

chalais2011 025.jpg , gravir  à pas lents la
piste qui conduit  à la cabane forestière
cernée par les épicéas , les sapins , et 
les hêtres majestueux , puis se diriger vers l’ouest et cheminer sur le sentier presque horizontal,
sentier de méditation des anciens moines et devenu
aujourd’hui sentier botanique.chalais2011 003.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Par là se raccorder à la « civilisation » laborieuse et dominer la plaine en une vue
(Bellevue)  aérienne  époustouflante  avec au loin la colline de Parménie .


 Et, pourquoi pas, en un ultime effort grimper  au sommet de cette Dent de Chalais si riche en 

« trésors » de vie et de spiritualité.

Et puis , avant de partir,  ne pas oublier de goûter aux incomparables biscuits fabriqués de mains de nonnes. En peu de temps j’en suis devenu tellement «addict » que je n’hésite pas, à chacune de mes visites au magasin à en grignoter quelques uns, les trop cuits mais si bons, offerts généreusement aux visiteurs…

chalais2011 026.jpg

Chalais ?  j’ y reviendrai souvent…c’est sûr !

Novembre 2011